Confession Intime - L. Maryline

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Confession Intime - L. Maryline

Message  Vampyrella le Mar 11 Fév - 18:38

Putain d'anorexie ! (Confession Intime)

Tu es venue me couper l'herbe sous le pied par ta sœur, la boulimie, pile quand je me rétablissais. Encore. Encore ! Mon corps ! 100 grammes dans le ventre et...
Mes crises de boulimie sont volontaires. 300, c'est l'orgie.
C'est reparti ! Mon ventre gonflé... je ne veux plus lui résister.
Mais j'y résiste quand même !
Comment la fin a-t-elle commencé ?
Un genou a terre déposé. Le deuxième. Je le relève avec béquille, mes laxatifs. 30 cachets. Qui va m'entendre crier ma douleur ? Mon ventre repose en enfer. Je n'écoute que son vide, je suis sourde, je n'ai plus rien d'autres dans les tripes. J'en ai marre de souffrir...
J'ai la haine ! Ce film. Requiem for a dream.
La douleur ne se quantifie que pour soi. De 1 à 10, avez-vous mal à combien ???
Faites péter le thermomètre ! Je ne mesure plus rien.
J'ai mal au cul parce que je qualifie plus aux maux près ! Je ne la sens plus.
Je comprends que la fièvre du samedi soir... je ne peux pas. Je ne m'aime pas. Je souffre. C'est pas pour moi. Et les soirées ?
Entre amis, elles sont annulées par la peur d'une grippe aviaire. D'en crever. Ils ne m'ont jamais laissé tomber mais je ne suis plus là. Je suis humiliée, je suis dégradée de me montrer. Je n'ai plus de dignité. Mon égo est catholique. Je vis de sa pauvreté. Résultat, je ne mange rien. Je ne mange plus rien.
J'ai grossis ! Je grossis encore, je grossis toujours lorsque je ne mange pas. Je fais de la boulimie. Je grossis même lorsque je me nourris de moi. Une tranche de blanc de poulet ? Et mes cuisses ??? Vous y avez pensez ? Plus rien y passe, elles sont flasques. Le seul muscle restant, étant mon périnée. Impuissant.
Un bruit métallique ? Qu'est-ce ? Vous entendez le ciseau ? Il dégrafe mes points de suture.
Jamais le temps de refermer mes blessures.
Encore... Une autre, trois autres. Je suis impaire, je suis seule avec elle. Et avec moi. On se multiplie ensemble. Plus de terres à diviser. Plus de bébé. Je n'ai pas ma place au cimetière. Je vis dans un crématorium, zen parce que je suis en apnée. Je me suis brûlée d'avoir aimé, la vie.
Personne ne peut comprendre la résonnance et l'abondance de l'agonie. Ce bruit craque : le bois mort.
Un homme tronc. Le son d'un homme handicapé de son moteur. Un corps saigné.
Un corps pétrit de vomis. Ma seule salissure ne se trouve pas sous mes ongles,
elle se trouve dans les décombres de la maladie.
Je suis en convalescence. J'ai gloutonné mes bonbons pour voir tomber l'aiguille de ma balance et remettre les pendules à l'heure dans mon cerveau. Un neurone en moins.
Depuis 12 ans ! Je ne compte plus les calories perdues... Le seul millimètre que je tiendrai dans mes mains est un gun si je grossissais demain ! Les journées peuvent être aussi ternes qu'une vie sans soleil, lorsqu'on ne survit plus par la lune et son gris, en rien avec sa plume. L'écriture ? Je m'efforce de la tremper dans un encrier pour ne pas la tâcher. Je n'ai plus d'envies... seul l'ennui. Dans 6 heures j'aurai mes fissures. Un bain de boue. L'impudeur est la raideur de mes mouvements lorsque mon corps se met en veille.
Ma peur régit de l'infarctus désarmant l'explosif car je n'ai plus de sommeil. Oui, je suis en sursis par ma calvitie. Je perds mes sourcils, je perds ce feu dans le regard et j'abandonne mon visage... Aurai-je une dermatite séborrhéique ?
Je fais avec... et avec lui. Pourtant,
ma myopie cèdera place à une presbytie chez les morts car je prends de l'âge. Clairement ! Je ne peux plus me voir ! Vous me verrez de loin, et moi je ne me vivrai plus.
Si les rides du lion m'étaient belles... Le visage marqué par mes démons...
L'insupportable lorsque je ne suis pas nette, je n'aurai plus de problème !
Je suis trop dure pour m'y soumettre. Trop forte à la légère !
Je suis aigri.
Je ne m'accepte pas parce que je ne peux plus et m'accepterai plus. M'imaginer, je ne peux plus non plus. Je me sens laide... Trop laide.
Trop laide pour devenir, et aimer...
aussi.
J'aime loucher sur ce que j'étais car lorsque je divague cliniquement avec un strabisme d'évasion, j'ai un charme.
Il suffit d'un battement de cils... Oui...
Les miens étaient longs... J'étais Bambi, je suis Scar maintenant.
Dévisagée par l'amour que je me suis donnée,
au revoir. Merci de m'avoir écouté.
Merci à l'acné excoriée, et merci à Cindy pour avoir relancé ma lutte d'après l'offense, la pénitence.

Lecomte Maryline.

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Vampyrella

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