Anorexie... - L. Maryline

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Anorexie... - L. Maryline

Message  Vampyrella le Mar 11 Fév - 17:12

Anorexie,
Toi mon amie.

L’anorexie mentale comme la boulimie sont de très graves maladies. Fatales dans 15 % des cas. Priver de s’alimenter pour ressentir en son ventre, sa vie, la faim. S’affamer pour mieux se protéger, s’envelopper de froide beauté au corps glacé et vivre de cette sécurité.
16 ans… l’âge impur ! La jeune fille mâture dans un corps chaste de raisons… et critique de perversion. Ce contraste vêtit de toute sa fragilité, l’adolescente, mal dans sa peau, refusant de grandir… compose sa personnalité au rythme du coup de marteau pianoté par ses os, pour en jouer. La féminité s'en va, plus de seins, retrouver en soi l'enfant, sa main… qui l’accompagnera divinement sur une nocturne de Chopin. Celle qui lui permettra par grande habilité de venter ses charmes désarmants, avec l’esquisse d’une côte apparente sur son torse dessiné ou un regard mutin. Quelle insolente beauté qu’être une femme enfant à l’unisson de l’esprit et du corps ! Force ou violente cruauté. L’extrême maigreur, l’extrême splendeur. Aucune limite tolérée. Telle sera la rime qui durant toutes ces années viendra la bercer. Cependant, l’épouse, encore ornée par son voile de blanc drapé a salit son rouge tapis nuptial de son aménorrhée laissant derrière elle, une vierge trainée.
Trainée dans le sang, trainée dans la bouse, trainée dans son sang, trainée dans sa bouse, l’anorexie est d’une pureté absolue, une pure sensu à ventouses !
Au secours ! Je ne veux pas m’en sortir !
L’anorexie, ma meilleure ennemie, sait me guérir par son poids lourd paradoxalement virtuose de légèreté et liberté, m’emplir de son intelligence par la culture de la crue de ma décadence, me remplir de ses pommes en dés composées au carré, m’armer de son poignard en plein cœur damné et faire de lui mon pilier. Avec elle, je suis en scelle. J'ai le contrôle. Les barrières se lèvent, l’impossible devient alors lumière sur le possible. Se suffire à soi-même, s’épanouir d’elle et s’équilibrer au pic d’une aiguille sur le balancier qui viendra ponctuer la pesée, nous créditer… nous horloger.
L'obsession de la maigreur vient nous stabiliser.
Celle des calories perdues, celle qui nous mènera a maturité.
Mais quel est le prix de cette lobotomie du corps, de cette anesthésie ?
L’anorexie est notre repère, parent qui nous nourrit de l’insolite, elle nous apprend à nous aimer au péril de nos émotions, au péril de notre faim. Se sentir bien dans sa peau et qu’importe le prix ! Riches par nos kilos ôtés, « lu et approuvé », le contrat de santé est signé. Les conséquences ne nous affecteront qu’une fois pleines, les dents tombées, prévenant la mort dans son plus simple appareil.
La faucheuse est de moisson, elle laboure la terre, prépare le terrain pour une mutilation de saison, à défaut de nous couper sous le pied, l’herbe encore fraîche de vomis arrosée.
Je veux m'en sortir !
Ah non ! Hors de question ! Je boite déjà et je vois reposer sur ma tombe l’écrit avec les photo liées, de notre dysmorphophobie.
Mon cercueil est-il petit ?
Regardez.
Entre une centaine de laxatifs et le cul posé sur mon vélo d'intérieur, sous contrôle, c'est ainsi que je devine ma destinée.

Lecomte Maryline

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Vampyrella

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